Géographie et histoire

En savoir plus

Les Riches heures de Meung :

Au contact de trois « pays », l’Orléanais à l’est, la Beauce à l’ouest et au nord, le Val et la Sologne au sud, Meung est depuis très longtemps, au bord du fleuve, un lieu de passage : les historiens locaux estiment pouvoir reconstituer au moins six tracés convergeant vers le site gaulois antique ! La tradition veut qu’un fortin romain, occupant l’emplacement du château actuel, soit venu confirmer l’importance ancienne de la bourgade : Vandales ou Alains l’auraient incendié en 407 ou 408, avant de traverser la Loire dans leur ravageuse traversée de la Gaule romaine.

Saint Liphard, né à Orléans vers 477, retiré près de la fontaine qui porte à présent son nom, redonna vie au village amoindri, asséchant les marécages et défrichant les bois, canalisant le système des Mauves, regroupant la population autour de son ermitage : après sa mort en 565 une ville nouvelle grandit peu à peu autour de son tombeau. C’est un siècle plus tard qu’apparaît la première mention de son nom, sous sa forme latine, Magdunum.

Depuis le XIXe siècle« ceux de Meung », comme disait Jeanne, lui empruntent leur nom : ce sont les Magdunois. Entre huitième et dix-neuvième siècles, l’histoire de la ville est celle d’une lente croissance rythmée de crises. Il y eut d’abord une période de violences normandes, bretonnes et seigneuriales, qui vit Charles le Chauve passer deux fois à Meung autour de 860, notamment pour passer traité avec Robert le Fort, l’ancêtre de la dynastie capétienne, plus tard chargé de la protection de la région – les premières fortifications de la ville remontent peut-être à cette époque, qui s’achève par un concile de plus de quinze évêques réuni par le roi Eudes dans l’église Saint-Liphard. Ce signe religieux marqua ensuite l’histoire de Meung, promue seigneurie temporelle des évêques d’Orléans au onzième siècle : l’ermitage, devenu monastère et école réputée, se mua en chapitre de chanoines, et l’oratoire bâti sur le tombeau du saint moine s’embellit en basilique.

C’est alors le temps des grandes constructions, tour dressée contre le clocher par Manassès de Garlande au XIIe siècle, masse puissante du château élevée à partir du XIIIe par un autre Manassès, qui dota aussi la ville d’un pont de pierre : elle gardera ce signe de puissance jusqu’à son effondrement aux alentours de 1500 (il ne sera reconstruit qu’en 1836).

Entre-temps se bâtissaient prieuré, chapelles, demeures féodales et bourgeoises, relais de poste, quartier des mariniers, quais au « bout du monde », caves à vin et moulins innombrables, à tan ou à farine : grand était le prestige de la meunerie de Meung, dont le produit, porté par les fameux « ânes de Meung », vint plus d’une fois remplir les greniers orléanais vidés par les famines et les guerres. Car la région subit comme d’autres les grandes crises, guerre de cent ans où l’on vit Jean Le Bon traverser le pont de Meung en 1356, en route vers le désastre de Poitiers, puis Jeanne, venue en 1429 « après dîner, voir ceulx de Meun », emporter ce même pont d’assaut, guerres de religion et Révolution qui en 1562, 1590 puis 1793 privèrent l’église de la plus grande part de sa riche ornementation…

Tout rentra dans l’ordre entre XIXe et XXe siècles : la cité se modernisa peu à peu au fil des Mauves et de la Loire, vit disparaître ses trains de chalands au profit de ceux du chemin de fer, immobilisa ses moulins et arracha ses plants de vigne pour privilégier d’autres industries, fonderie, ateliers mécaniques et électriques, s’ouvrir à l’axe autoroutier Paris-Tours, étendre ses espaces résidentiels, ses zones d’activités, et croître en nombre jusqu’à plus de 6 000 habitants.

Ces deux millénaires d’histoire ont légué à Meung-sur-Loire une identité forte et une précieuse leçon : le bonheur de vivre ensemble paisiblement. Son centre historique lové autour de sa collégiale, son château, sa porte médiévale dite « d’Amont », et sa place du Martroi animée tous les dimanches d’un marché pittoresque, ses rues tranquilles et coquettes, les façades un peu austères de ses anciens moulins, ses venelles fleuries traversées de Mauves herbues, lui en offrent à la fois le cadre et le rappel symbolique.

Avis

Donnez votre avis

Géographie et histoire

Géographie et histoire

Les Riches heures de Meung : Au contact de trois « pays », l’Orléanais à l’est, la Beauce à l’ouest et au nord, le Val et la Sologne au sud, Meung est depuis très longtemps, au bord du fleuve, un lieu de passage.